Black Brambles

Voilà un autre de mes textes trouvé sur mon ordinateur il n’y a pas très longtemps. J’espère que ce n’est pas trop nul, en tout cas, écrire m’a plu et ça m’a requinquée pour un petit moment !

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C’était par une froide nuit d’octobre, le vent sifflait dans les peupliers décharnés, faisant craquer leurs branches battues comme les blés. La lune brillait haut dans le ciel, cernée d’étoiles, aucun nuage venu cacher ce tableau. Une chouette hululait au loin, son cri accompagné par le bruissement des feuilles mortes au sol. Le chemin, boueux et parsemé de crevasses, était illuminé d’une pâle lueur qui se miroitait dans les flaques. Si l’on scrutait bien les ténèbres, il était possible d’apercevoir furtivement l’éclat des yeux d’une bête, bondissant au travers des fourrés d’aubépines, genévriers et fougères. Parfois, leur chemin barré par un entrelacement de ronces, elles empruntaient le chemin à tâtons, de peur qu’une personne les surprenne durant leur promenade nocturne. La nuit était belle et claire, comme un soir d’été. La seule différence étant la buée sortant de ma bouche lorsque je marchais. Mes mains étaient glacées, et j’essayais tant bien que mal de les réchauffer dans mes poches, mais ma maigre veste ne faisait aucune différence. Je parcourais les bois depuis bientôt une semaine, mes pas m’ayant mené à la nature la plus resplendissante qu’il m’ait été possible de voir jusqu’à présent. J’étais sur le point d’enfoncer mon visage au plus profond de mon écharpe lorsque j’aperçus une lueur tremblotante au loin. Je n’avais ni mangé ni dormi dans un endroit chaud depuis quelques jours, et l’espoir soudain d’un confort possible pour passer la nuit me donna un regain d’énergie qui me porta jusqu’au pas de porte d’une vieille maison en bois à la cheminée fumante. La lumière provenait de la fenêtre de gauche et je risquais un coup d’œil pour m’assurer de ne pas déranger. Un vieillard était assis sur une chaise à sa table de salon, et sculptait un petit oiseau dans un bout de bois avec son couteau suisse. Ses cheveux blancs et parsemés formaient une auréole angélique autour de son visage basané et marqué par les années. Ses yeux semblaient tristes, mais il dégageait quelque chose d’autre. Sentant la fatigue me gagner, et l’engourdissement attaquant mes jambes, je me décidai à frapper à la porte. Il mit quelques minutes à venir m’ouvrir. Lorsque la porte s’entrebailla, je le vis se tenir le dos courbé, la main appuyée sur une canne.

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