Alice’s Adventures in Wonderland and Through the Looking-Glass, Lewis Carroll

‘I had sent my heroine straight down a rabbit-hole… without the least idea what was to happen afterwards,’ wrote Lewis Carroll, describing how Alice was conjured up one ‘golden afternoon’ in 1862 to entertain his child-friend Alice Liddell. His dream worlds of nonsensical Wonderland and the back-to-front Looking-Glass kingdom depict order turned upside down: a baby turns into a pig, time is abandoned at a disordered tea-party and a chaotic game of chess makes a seven-year-old girl a Queen. But amongst the anarchic humour and sparkling word play, puzzles and riddles, are poignant moments of nostalgia for lost childhood. Original and experimental, the Alice books give readers a window on both child and adult worlds.

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J’ai lu et relu ce livre pour deux raisons en ce début d’année: le reading challenge me demandait de lire un livre que je pouvais finir en un jour, et il m’a aussi fallu l’étudier pour une présentation pour un cours intitulé Other worlds: Fantastic Narratives à l’université.

Ecrit par Lewis Carroll (pseudonyme de Charles Lutwidge Dodgson) et paru en 1965, Alice au Pays des Merveilles et sa suite De L’autre Côté du Miroir racontent l’histoire d’Alice, une petite fille qui s’ennuie auprès de sa soeur qui lit un livre ‘sans images ni dialogues’. C’est alors qu’elle voit un lapin blanc aux yeux roses vêtu d’une redingote et tenant fermement une montre à gousset, passer en courant à côté d’elle. Bizarrement, cela ne l’étonne pas du tout, mais lorsqu’elle l’entend parler, et se dit qu’il a décidément quelque chose de spécial et elle décide de lui emboiter le pas. Après l’avoir suivi jusqu’au fond de son terrier, elle fait une chute interminable qui l’emmène dans un monde totalement contraire au sien. Dans ce monde étrange, elle fera la rencontre d’une ribambelle de personnages retors et se trouvera confrontée au paradoxe, à l’absurde et au bizarre…

Alice au Pays des Merveilles reçut de fort mauvaises critiques lors de sa parution en 1865. Les critiques et les lecteurs considéraient le livre comme un amas de sottises, allant jusqu’à s’en moquer « too extravagantly absurd to produce more diversion than disappointment and irritation” . Seules les illustrations de John Tenniel eurent de bons compliments, et ses dessins sont encore présents dans la plupart des rééditions. Malgré la mauvaise réception de son premier volet, Carroll proposa une suite à son éditeur en 1866 et commença à travailler sur De L’autre Côté du Miroir. Lors de la publication de ce dernier, le premier avait heureusement déjà réussi à trouver et convaincre un certain public. Au fil du temps, la combinaison de logique sophistiquée, satire sociale et fantaisie pure ont fait du livre un classique pour enfants et pour adultes. Les critiques ont éventuellement reconnu les mérites littéraires du livre, et des auteurs ou philosophes célèbres allant de James Joyce à Ludwig Wittgenstein louaient les mérites des histoires de Carroll.

Le Pays des Merveilles, décrit dans le livre, peut être interprété de deux manières différentes: il est soit la représentation d’un monde surréaliste, coloré et un peu naif, soit d’un monde cauchemardesque, où toute logique est abandonnée, remplit de personnages ambigus et désarmants, dans lequel Alice est momentanément emprisonnée. On peut donc considérer que le pays des merveilles sert de critique sévère de la société Victorienne, ou de moyen d’atteindre un « autre monde » (ici, celui de l’enfance).

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Quand Carroll écrit le livre pour la première fois, il le fit exclusivement pour son amie Alice Liddell, une petite fille dont il s’occupait et à qui il racontait plein d’histoires. Le manuscrit fut d’abord nommé Alice’s Adventures under Ground et il est intéressant de se concentrer sur ce choix de mots car les aventures d’Alice se déroulent littéralement sous terre et comme un mouvement politique clandestin – « underground movement » – ses aventures créent une réponse clandestine à son existence ordinaire dans le monde Victorien. Elles créent aussi une forme de subversion comique du monde qu’elle connait et de tout le sens qu’on peut lui donner. Le livre lui même est une « surprisingly comprehensive attack upon the commonsense, pragmatic reasonableness that made the bourgeois Victorian’s waking life, as it makes our own, manageable and sane » (1). Tout au long du livre Alice rencontre une série de situations déroutantes qui n’ont pas de solution claire. Alice s’attend à ce que ces choses aient un peu de sens comme elles auraient pu en avoir dans son monde à elle, mais elle échoue à comprendre comment le pays des merveilles fonctionne à maintes reprise. Quand elle essaye de trouver une réponse à l’énigme du Chapelier Fou ou le jeu de croquet de la reine, elle n’arrive pas à voir qu’ils n’ont ni de but, ni de sens. « Let me see: four times five is twelve, and four times six is thirteen, and four times seven is – oh dear! I shall never get to twenty at that rate! » (3) montre que même des maths ordinaires, qui sont d’habitude basés sur une logique et des règles bien définies n’a pas de sens dans ce monde là. Cela sera de même pour tous les autres concepts que l’on considère comme stable tels que l’espace ou bien la taille. D’une certaine manière, Carroll est en train de faire le point sur le fait que la vie peut parfois être bien frustrante quand il en vient à ce que l’on peut attendre d’elle, et que l’on ne peut pas toujours interpréter les problèmes qui ont pourtant l’air bien familier.

Alice est aussi toujours confrontée à la question de son identité. Soit par la question « Who are you? » demandée par Absolem or bien par la manière dont les autres personnages la perçoivent. Quand le Lapin Blanc lui donne des ordres comme si elle était sa servante dans le chapitre 4, il y a un clair renversement du motif de domination – qui affaibli l’idéologie Victorienne qui stipule qu’il y a une hiérarchie sociale – qui continuera dans la totalité du livre puisque plusieurs créatures que l’on peut voir comme « socialement inférieures » vont lui donner des ordres. L’identité d’Alice n’est pas définie donc l’idée d’une identité concrète est minée: des cartes sont vivantes, un bébé se transforme en cochon, et le sourire d’un chat peut exister sans le chat… Alice en vient donc à constater qu’il n’y a qu’un seul principe qui règne au pays des merveilles, qui est qu’il n’y a pas du principes du tout. « When the above ground claims to be strictly consistent – as in space, size, or mathematics, for example – Wonderland is, by its very operations, maddeningly inconsistent. » (1). Ce rabaissement de la hiérarchie Victorienne est aussi présente dans le chapitre « Advice from a Caterpillar ». Il y a un développement plus complet de l’assault fait contre l’ordre du language et de la croyance, en termes d’étiquette sociale. La chenille rabaisse volontairement les habitudes linguistiques d’Alice, montrant combien les conventions de son monde à elle sont sans importance.

Comme on peut le constater, le pays des merveilles devient une sorte de moyen pour échapper au peu de sens que donne la vie, et par conséquent on peut déceler le recherche de quelque chose d’autre, en quelque sortes. Depuis a fin du 18 ème siècle, les artistes Romantiques comme Blake s’étaient mis à la recherche d’une connection avec un soi plus naturel et innocent, en imaginant l’enfance comme « a distinctively separate from dark materiality and corruption of adult life » (2). Cette mode continua durant le 19 ème siècle et pris la forme d’une réponse à la révolution industrielle et les changements rapides de la société. Par conséquent, la littérature célébrait l’innocent et mythique state de l’enfance; mais ce n’était seulement qu’un phénomène rétrospectif dont les adultes ne se sentaient pas proches. De fait durant l’époque Victorienne, ils créèrent un espèce de nostalgie envers l’enfance qui était dénué de toute référence à l’âge adulte. Présentement, Alice devient donc le personnage médian entre l’âge adulte et l’enfance permettant au lecteur d’avoir « a participatory voyeuristic experience » (2) au travers de la lunette de la narration. Avec le pays des merveilles, Carroll réussi à créer un espace fantastique pour adultes, où ils peuvent laisser libre court à leur imagination et subvenir à leurs désirs les plus profonds. Cependant, on peut toujours ressentir la présence de l’adulte même en analysant le personnage d’Alice et ses experiences. Dès qu’elle entre dans le pays des merveilles, on se rend compte que hypothèses et idées ne sont que des répétitions de ce que les adultes ont pu lui apprendre. Elles croie en ces choses assez aveuglément ce qui caricature la naiveté. Par exemple, lorsqu’Alice dit « I didn’t know Cheshire Cats always grinned; in fact I didn’t know that cats could grin. » (3) cela montre combien son savoir est basé sur des choses qu’elle a déjà vues et qu’on lui a déjà dit. Cependant, Alice est constamment en train de resister au non-sens du pays des merveilles et en conséquent on peut déceler « l’âge adulte » dans le roman. Elle répond toujours par de la logique avec ses manières Victorienne à tout comportement qui peut être considéré comme enfantin (par exemple quand elle commence à prendre soin du bébé qui se transforme en cochon).

Carroll utilise aussi le language de manière très fine est recherchée ce qui permet de montrer qu’il peut être libre de toute convention. A cause des jeux de mots, et des nombreux sens que l’on peut leur donner, le texte souligne le fait que l’on a toujours tendance à n’avoir qu’une lecture superficielle du monde qui nous entoure et des mots utilisés dans la langue courante. Les conventions sociales et linguistiques de base perdent toute leur validité au sein du texte et ne permettent pas de donner un bon moyen de communication: la nature complexe et confuse du language mène ici à une mauvaise communication. Carroll joue beaucoup sur les jeux de mots et les homophones pour montrer la subtilité des mots. Par ailleurs, il en invente aussi certains pour leur donner un tout nouveau sens. Par exemple, quand Alice s’exclame « curious and curiouser! » (3) on vient bien évidemment que les mots sont utilisé pour décrire quelque chose qui se développe au delà de la conception commune que l’on a des choses. De cette façon, on comprend que tout est possible et qu’il y a un nombre incalculable de possibilités. De plus, il faut noter la différence qu’il y a entre l’utilisation des mots « curious », « nonsense » and « confusing ». Ces trois mots sont utilisés de manière récurante au sein du récit pour faire référence à des évènement qu’elle ne peut elle même pas expliquer. Ils sont par ailleurs interchangeables, mais Alice les attribue à différent types de situation. « Curious » et « confusing » sont utiliser pour référer à des rencontres et situations qu’elle peut en fait tolérer et parviens à moyennement envisager dans l’espoir de mieux comprendre son environnement. Par contre, « nonsense » est utilisé, comme dans le chapitre 12, lorsqu’elle rejette complètement les lois du pays des merveilles « stuff and nonsense! » (3).

Alice’s Adventures in Wonderland est rempli de significations bien différentes les unes des autres, comme les mots utilisés par Carroll pour écrire son histoire. Les blagues et jeux de mots ne trouvent un sens que vers la fin de l’histoire grâce à l’importance que l’on peut trouver dans la signification des aventures d’Alice. Tout le conte est un récit comique de la difficulté qu’à l’humanité à donner un sens au monde qui est en fin de compte dénué de tout sens. Durant ses aventures, Alice devient une représentation de tous les gens dans le monde entier. Contrairement à toutes ces leçons que l’on peut avoir en cours, ou tout ce que l’on peut apprendre des adultes, le pays des merveilles est là pour montrer qu’il nous faut toujours avoir un instinct. Comme il a un rôle ambivalent de la contestation mais aussi l’affirmation d’un ordre prédéfini, le pays des merveilles sert en quelque sorte de texte menant à la catharsis pour le lecteur adulte.

Sources

(1) Donald Rackin, Alice’s Adventures in Wonderland and Through the Looking-Glass: Nonsense, Sense and Meaning (1991) (New York: Twayne Publishers: 1991)

(2) Cristopher Hollingsworth, Alice beyond Wonderland: essays for the twenty-first century (2009) (United States: University of Iowa Press, 2009)

(3) Lewis Carroll, Alice’s Adventures in Wonderland and Through the Looking-Glass (London: Penguin, 2003)

 

 

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