Testament of Youth, Vera Brittain (Dir. James Kent)

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« How fortunate we were who still had hope I did not then realize; I could not know how soon the time would come when we should have no more hope, and yet be unable to die »

Testament of Youth est un film réalisé par James Kent, sorti en 2015. Basé sur les mémoires de Vera Brittain, il raconte ses experiences et ses pertes durant la Première Guerre Mondiale. Le livre, sorti en 1933, devint instantanément un best-seller et demeure encore aujourd’hui, un grand classique. Ne sachant que très peu de cette femme, j’ai décidé de fouiller les méandres d’internet pour trouver ce que je pouvais:

Vera Brittain était la fille ainée d’une famille anglaise aisée, qui eut une enfance assez calme ayant pour seule compagnie celle de son frère. Entêtée et courageuse, elle se battait pour sortir du moule de la société, et refusait de devenir une femme au foyer en tenant tête à son père qui trouve cela inutile de dépenser de l’argent pour les études. Cependant, elle réussi à le convaincre de passer les concours à Oxford et est finalement acceptée au Sommerville College, où elle étudia la Littérature. Mais la guerre éclate et ne supportant pas l’état végétatif où elle se trouve, Brittain décida de repousser d’un an ses études dès 1915 pour travailler en tant qu’infirmière. Durant la guerre, elle perdit son fiancé Roland Leighton, ainsi que deux autres amis proches et son propre frère Edward. Leurs lettres furent toutes documentées dans le livre Letters from a Lost Generation. De retour à Oxford après la guerre pour étudier l’Histoire cette fois, Brittain eut des difficultés à s’adapter à cette nouvelle vie au sein d’une génération profondément changée. Ce fut pendant cette période qu’elle rencontra Winifred Holtby, qui devint une de ses plus proches amies car toutes deux voulaient s’établir dans la scène littéraire londonienne.

Durant les années 1920, Vera devint un porte parole régulier pour la Ligue des Nations Unies. Elle fut invitée à participer, en Juin 1936, à un rassemblement pour la paix dans le Dorchester; un des participants lui proposa de rejoindre la Peace Pledge Union et à la suite de six mois de reflection elle accepta. Plus tard la même année, elle rejoignit aussi la Anglican Pacifist Fellowship. Sa lutte pour le pacifisme devint plus importante encore pendant la Seconde Guerre Mondiale quand elle commença la série Letters to Peacelovers. Elle était pacifiste modérée dans le sens où elle a contribué à l’effort de guerre en travaillant comme garde-feu et en voyageant à travers le pays pour faire une collecte de fonds pour la campagne de l’aide alimentaire de l’Union Peace Pledge.  Elle a aussi été critiquée pour avoir dénoncé le bombardement continuel des villes mais tout ceci cessa lorsqu’en 1945 apparu le Livre Noir des Nazis qui comportait le nom de 2000 personnes à arrêter après la prise du Royaume-Uni par les forces allemandes; et que son nom y figurait. A partir des années 1930, elle contribua régulièrement au magasine Peace News, et devint un membre de la rédaction; publiant des articles contre l’apartheid, le colonialisme, et pour le désarmement nucléaire.

Vera Brittain mourut en Mars 1970, et ne s’étant jamais vraiment remise de la mort de son frère, demanda à ce que ses centres soient jetées sur sa tombe sur le plateau Asiago, en Italie.

 « …for nearly 50 years much of my heart has been in that Italian village cemetery ».

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Ce film a remué beaucoup de choses en moi. Dès le début, j’ai été touchée par le fait même qu’elle aie à se battre pour aller en cours alors que pour nous, il s’agit plutôt d’une corvée… On ne se rend pas compte de la chance que l’on a. De l’opportunité qui nous est offerte, de tout ce que ça nous apporte. On est juste ennuyé par le fait même de devoir se lever pour aller écouter un professeur nous vomir son cours mâché, ou bien tout simplement nous lire de manière monotone sa feuille imprimée il y a déjà plusieurs années parce que c’est toujours le même programme. Il faut mettre tout ça de côté, et penser à tout ce dont nous avons le droit aujourd’hui. Certes, ce n’est pas idéal et on ne trouve que rarement sa vocation à la fac mais quand même ! Personnellement, j’apprécie mes études même si je m’en plains beaucoup trop souvent… On nous oblige à « découvrir » des choses auxquelles on aurait jamais pensé (dans mon cas des livres, en général), il nous faut faire de la recherche et un beau jour on tombe sur une petite anecdote qui nous fera réfléchir et qui nous tournera le cerveau dans tout les sens ou bien nous fera rire l’espace de quelques minutes… Les études regorgent de richesses, si on les apprécie pour ce qu’elles sont. Et non pas pour ce qu’elles représentent dans notre société d’aujourd’hui: une simple étape, un obstacle à surmonter. Il n’est pas question d’obstacle, il est question de transformation. Sans mes études, je ne serais pas ce que je suis maintenant. Donc, malgré les défauts du système de l’éducation française: merci. A toutes les féministes qui se sont battues pour qu’on aie le droit de s’asseoir sur les bancs de l’université: merci. A tout ceux qui sont convaincus que la fac n’est pas seulement un « trou à rats » qui ne mène à rien: merci.
Alicia Vikander as Vera Brittain

Ensuite, je vais passer à un sujet un peu plus joyeux: l’ambiance et les costumes. Je dois saluer James Kent pour la réalisation de son film et Juliette Towhidi pour le script. Et puis bien sur Consolata Boyle pour les costumes MON DIEU. Je viens de voir une liste de films sur lesquels elle a travaillé, et ça ne m’étonne pas que ce soit aussi bien (elle a travaillé pour Chéri avec Michelle Pfeiffer si ça aide quelqu’un à avoir une idée).

Pour tout dire, je crois que c’est une période qui vestimentairement parlant est une de mes préférées. Les années 1910 sont toutes en grâce et en beauté, classe et légèreté. Honnêtement, je pourrais adapter mon style vestimentaire d’aujourd’hui pour qu’il ressemble plus à ça. Je peux essayer de trouver des paires de chaussures pour aller avec, des blouses, me faire des jupes longues et bien taillées. Je m’amuserais bien tiens. Pourquoi pas.

Ensuite, j’en viens aux plans de ce film, aux couleurs et à l’atmosphere. J’avais l’impression d’évoluer dans un monde brumeux, incertain, qui me donne des frissons de manière constante. La campagne anglaise était toujours grisâtre, il y avait du vent, de la pluie, de la boue et de la rosée, un paysage romantique comme les poètes dont elle lisait les oeuvres. Les prises de la nature ressemblaient à des tableaux, et quand le soleil brillait cela donnait de belles choses, mais la grisaille restait tout aussi belle. Cela reflétait un peu le monde dans lequel les personnages évoluaient, ce monde incertain de vie ou de mort, cette peur constante, la guerre, les blessés, le monde haché en morceaux par ces bombes et ces coups de bâillonnée, ces barbelés qui défiguraient la terre. Ce monde enveloppé par la tristesse qui cherche désespérément à trouver un sens à la vie. C’est difficile d’y mettre des mots.

Si je pouvais, je crois que je ferais une capture d’écran de chacune de ces prises, que je les encadrerais et j’en ferais un nombreincalculable-ptyque que j’accrocherais à mon mur. media_testament_of_youth_20141110

Il me semble inutile de m’étaler sur la guerre à moins de partir dans un long monologue/longue phrase interminable qui se résumerait en un « qu’est ce que l’humain est bête » ou « la première arme à feu n’aurait jamais du exister ». Dans le monde d’aujourd’hui la guerre est positionnée de manière à tenir les civils (en tout cas dans les pays riches de la triade youpi) en sureté ce qui induit qu’il y a un vide énorme entre ce qu’elle est vraiment et ce qu’on en pense. On n’a absolument aucune idée de ce que c’est. C’est triste, c’est horrible, c’est injuste, c’est cruel et c’est même égoïste dans le sens où on se protège par l’ignorance de la souffrance des autres. Mais bon…

J’aime l’être humain autant que je le déteste, c’est fou.

Pour conclure, ce film fait partie de ceux qui m’ont fait l’effet d’un lavage de cerveau. Vide, un vide complet. Mais vide chaotique et insensé, qui ne me permet pas de réfléchir. Vide dans le sens où tout est vide de sens. Exactement. Impossible de former une seule idée qui tient la route car trop de choses se font la guerre dans ton propre cerveau. Certains n’aiment pas, moi si, c’est reposant presque. Maintenant, j’attends de lire tous les livres déjà commencés qui trainent dans ma chambre et je lirais ce livre là. J’en meurs d’envie.

« A heart-wrenching sucker punch of emotion »

 

 

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