Londres ou Paris ? Telle est la question.

I thought of Paris as a beauty spot on the face of the earth, and of London as a big freckle – James Weldon Johnson

Nous sommes déjà en Mars et mon année Erasmus touche bientôt à sa fin – je dois avouer que ça me fait l’effet d’un coup en plein coeur que de savoir qu’il va vite me falloir faire mes valises et quitter cette chambre étudiante dans Shoreditch.

Quand le coordinateur des départs Erasmus m’a confirmé avoir été prise, j’ai sauté de joie dans le hall de mon université et couru vers mes amis pour partager la bonne nouvelle. J’ai aussi appelé mes parents, un peu comme le jour des résultats du bac. Plusieurs mois de patience se sont ensuite écoulés avant que, le 12 septembre à 23h je ne me décide enfin de finir ma valise alors que je partais le 13 à 4h tapantes du matin.

Arrivée à Londres, j’étais excitée comme une puce et ne tenais pas en place. Enfin une ville anglophone où il va m’être possible de parler anglais autant que j’en ai envie ! Les bus rouges à deux étages, les taxis noirs, les gens pressés sur le chemin du travail, ceux ayant l’air plutôt calmes lisant un journal assis dans le métro, les quais absolument bondés (mon dieu), la conduite de l’autre côté de la route, le nombre incalculable de « prêt à manger » (il vous faudrait entendre leur façon de le dire), les « sorry love », les couples de petits vieux absolument adorables, la politesse, les hommes en costumes et mallette de travail, leur accent par dessus tout, ma nouvelle université d’adoption pour un an, les nouvelles rencontres, la résidence, les cours, la façon de vivre, les litres de café englouti (mon fuel comme je le dis souvent), l’absence totale de bonnes baguettes ou de français de manière générale, la diversité des visages, les pubs, la bière, les sorties, les bâtiments extrêmement éclectiques se côtoyant dans une même rue, l’histoire, les musées, la pluie, le beau temps… Tout cela m’enchantait au plus haut point. J’étais dans l’euphorie la plus totale et je remerciais de tout mon coeur tout ce qui m’avait permis d’être ici.

Je me suis fait des amis, ils sont repartis, et je me suis fait d’autres amis. Je ne pense pas avoir déjà eu l’occasion de rencontrer autant de gens aussi merveilleux les uns que les autres, en si peu de temps. Des gens venus du monde entier, de la Californie au Texas en passant par le Japon et l’Australie et même la Grèce. C’était et c’est toujours génial, et j’espère de tout mon coeur garder contact avec ces gens là. Ceux que j’ai rencontrés, Londres elle même, les experiences que j’ai eu la chance de vivre cette année… Tout ça m’a fait grandir.

Londres est une ville qui donne l’impression que tout est brossé dans le sens inverse du poil. Rien n’est rangé, tout se superpose, tout se mélange et tout est différent. Le monde entier s’y retrouve car elle adopte tout, ce qui donne une explosion de choses à voir. Il y a des milliers de restaurants différents qui nous permettent de découvrir des plats étrangers étonnants, de nombreuses cultures qui se croisent chaque jour dans la rue, des nationalités totalement différentes qui foulent le même trottoir… C’est impressionnant.

Seulement, c’est fatiguant.

Une ville qui vit 24/24h me fatigue. Les lendemains de soirée le distributeur en bas de chez moi est complètement vide, et on passe la nuit à entendre des gens ivres morts hurler dans la rue. Les bus de nuits sont toujours plein et des bouteilles vides jonchent le sol le matin au lever du soleil. Il m’est aussi arrivé de voir des cocktails à £800 (donc plus que le SMIC même voyez-vous) et de devoir payer £5 pour un verre de piquette.

J’en arrive enfin à ce qui me frustre le plus.

  • La gastronomie. Après 7 mois passés dans cette ville je n’ai toujours pas trouvé de vin abordable et bon, ni de bonne baguette de pain qui ne coûte pas un bras (je ne pointe pas Paul du doigt du tout). Il n’y a pas non plus de bonne pâtisserie (je crois que rien ne pourra battre la pâtisserie fine française, non non), et les plats signature sont tous plus lourds les uns que les autres… Et honnêtement, les bons restaurants sont les restaurants qui font de la cuisine étrangère type asiatique, italienne, ou même les steakhouses. Sinon, il y a la possibilité d’aller au pub et commander un fish’n’chips mais bon.
  • Le style. Il me semble que les anglophones n’ont toujours pas compris le concept du « less is more » et ne savent absolument pas ce que c’est de se présenter comme distingué. Les filles ne suivent que la mode sans vraiment penser à se mettre en valeur, se maquillent beaucoup trop, et montrent leur ventre avec excès (crop tops à gogo beurk beurk beurk). Elles pourraient aussi honnêtement transformer leurs sourcils en tampons tellement il y a de crayon. Où sont passé les cheveux en bonne santé ? Les jeans classiques avec une blouse et une paire de jolies chaussures en cuir ? Les trenchs ou les cabans ?

Il n’y a que les hommes qui savent s’habiller ici, et ce avec beaucoup de classe et de goût et même parfois de l’originalité. Un ami venu me voir en février m’a dit ne pas avoir vu de jolies filles pendant la semaine qu’il a passé à Londres. Le problème est qu’il pourrait y en avoir, elles ne savent juste pas se mettre en valeur. Mais après, qu’est ce que ça dit du goût de ces hommes bien habillés ?

Ce matin, je me suis levée avec l’envie de petit-déjeuner français, et j’ai donc fait avec les moyens du bord – heureusement que j’ai trouvé du vrai beurre soit dit en passant. Boire mon café en grignotant un pain au chocolat et en lisant un livre m’a fait voyager jusqu’à mon ancien appart à Paris. Assise au bord de la fenêtre, les premiers rayons de soleil me réchauffant le visage, le bruit étouffé de la rue de l’autre côté de la cour, le roucoulement des pigeons…

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Je dois avouer que la France me manque beaucoup, Paris en particulier parce que la ville est magnifique, la ville est poétique, la ville me ressemble, pressée mais calme à la fois, elle respire à mon rythme et correspond à mon genre. Elle est unique et belle, et me fait déborder de joie. Montmartre et sa place du Tertre me font sourire, les quais de Seine aussi, les petites librairie et les rues pavés de même, les bâtiments Haussmaniens et leurs terrasses, les gens qui traversent n’importe où, les terrasses de café chauffées en hiver, les espressos qui coûtent un bras, les bouteilles de vins peu chères mais bonnes quand même, les boulangeries ayant une queue jusqu’à l’extérieur, les pigeons et le métro dégueu, les marches du Sacré-Coeur où je bois avec mes amis, mon ancienne coloc, le Pont des Arts, l’Ile de la Cité et son petit parc, les café-clopes, les verres de vins entre copines et les histoires de coeur, le musée du Quai D’Orsay, St-Pierre, le Fabuleux destin d’Amélie Poulain et les accordéons, écouter du jazz avec un vieux vinyle, les femmes éternellement habillées en noir mais ayant une classe inébranlable, les regards hautains, le jugement permanent… Paris c’est un film, un film dans lequel tu peux vivre.

Paris me manque, Paris a volé mon coeur. Mais ce sont les gens géniaux que j’ai rencontrés à Londres qui en ont volé une partie aussi.

 

5 réflexions sur “Londres ou Paris ? Telle est la question.

  1. « Elles pourraient aussi honnêtement transformer leurs sourcils en tampons tellement il y a de crayon. » ♥♥♥

    Je n’ai jamais vécu dans aucune de ces deux villes, mais je crois que tu sais ce que je pense de chacune d’elles… Et aussi bizarre que cela puisse paraître quand on sait à quel point Paris me déprime, cette ville me fait penser à toi. Bien plus que Londres. Comme tu dis, Londres c’est un peu un brassage constant de tout ce qui existe sur Terre alors que Paris a un côté un peu plus « délicat » (dans son image générale en tous cas, d’où les parenthèses). Peut-être que c’est pour ça que tous les tests te disent que tu devrais vivre en France…

    PS: Quand même un peu déçue de voir que Paris te manque plus que cette bonne vieille Auvergne, et un peu étonnée aussi… ;)

    • Ahahah, je me disais bien que ça allait te plaire… En parlant de ça j’en ai vue une dans le métro en rentrant aujourd’hui, ses sourcils n’étaient même plus à leur place naturelle. Et pourtant elle était habillée en style pin up avec une frange courte et des cheveux super roux. Des yeux de chats et des habits parfaits. Mais dayum les sourcils quoi.
      Je ne sais pas comment je dois prendre l’association « déprime » et « me fait penser à toi », mais si Paris te fait penser à moi je ne me plaindrais pas ! Oui, ces tests… Les trucs le plus frustrant du monde, je dois dire. J’veux aller aux Etats Uniiiiiis !

      PS: la seule chose qui me manque en Auvergne, c’est le cantal (entre-deux) et puis la raclette, la tartiflette toussa toussa. Et toi aussi ;)

      • Les anglaises sont étranges… Mais leur goût douteux pour les sourcils permet de les reconnaître dans le monde entier !

        NON NON NON NON NON! C’était incroyablement maladroit et mal formulé. Ce qui me déprime à Paris, c’est le métro, les gens, le métro, les prix, le métro et LE METRO. Ce qui me fait penser à toi dans Paris, c’est les beaux quartiers, les parcs, les petites boutiques et l’idée générale (peut-être cliché, yénésépa) que les gens ont de Paris. Enfin, en vrai, c’est gentil ! Tu ne me déprimes pas du tout, au contraire (parcequ’enplustumemanquesaussihého) ! :)

        LA TARTIFLETTE (hs mais mes parents font un régime du coup plus de plats du genre, ou même de pizzas. Ma vie est rude en ce moment aha).

      • En effet… Prenez exemple des françaises ! Il y a des milliers d’articles qui expliquent comment nous ressembler ;)
        Je sais bien Bichette, ahaha, je le prends comme un compliment ! Il y a des pour et des contre pour chaque fille et cela me fait plaisir de voir que les bons côté (quoique clichés) de Paris te font penser à moi !
        (Mon père fait un régime, et il l’impose un peu à tout le monde… Je comprends ta douleur, et c’est pourquoi je m’empiffre de pizza quand je suis ici. Bad bad Lina)

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