L’amant, Marguerite Duras

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Il faudrait prévenir les gens de ces choses là. Leur apprendre que l’immortalité est mortelle, qu’elle peut mourir, que c’est arrivé, que cela arrive encore.

L’Amant est un roman autobiographique de l’auteure française Marguerite Duras, publié en 1984 aux Editions de Minuit.

Il est le récit de son enfance et adolescence passées en Indochine française, et est l’essai d’une analyse de soi-même. La narration est marquée par deux événements importants: la traversée du Mékong pour aller à Saïgon où se trouve l’école de la jeune fille, ainsi que son séjour là-bas. Pendant qu’elle habitait en Indochine, elle tombe amoureuse d’un riche Chinois qui devient son premier amour. Les autres sujets qui se mêlent à cette histoire vont de la relation difficile qu’elle a avec sa mère à celle qu’elle a avec son frère ainé, que sa mère a toujours préféré à la rupture d’une digue menaçant la maison de famille près de Mékong. La chose la plus importante reste quand même cet amour fou entre la jeune fille de 15 ans et le Chinois de Cholen de 12 ans son ainé. Le départ de la jeune fille pour la France clôt le livre avec sa vision de la longue voiture noire de l’amant qui la regarde partir sans qu’elle ne le voie.

Je n’ai pas grand chose à dire, parce que des fois les livres peuvent laisser un lecteur sans mots. Et c’est le cas ici, mais je sais que je garderais ce petit livre rouge (mon édition) pour toujours.

Le style de Duras est assez lourd tout en étant léger parce que les phrases sont courtes, les paragraphes aussi, et rien n’est étouffant comme dans un roman de Céline par exemple, écrit en police -24 sans interligne (éditions Folio je précise). Mais l’effet obtenu est une sorte d’essoufflement, une narratrice qui essaye de reprendre son souffle, des souvenirs fragmentés et un courant de pensée qui ne s’arrête pas mais papillonne d’un souvenir à l’autre.

Le récit n’est pas linéaire du tout et elle saute d’un sujet à l’autre tout le long du roman, les passages se croisent, rien n’est chronologique, elle décide de se concentrer sur un détail tout à fait futile et ensuite passe à quelque chose de beaucoup plus important.

L’Amant fait partie de ces romans qui me donnent l’impression de lire dans la pensée des gens. Ce n’est pas un récit, c’est une transcription de ce qui leur a traversé l’esprit. Et de voir de manière aussi vive et naturelle l’intérieur d’une personne est vraiment bouleversant. Au début je trouvais ça un peu mélodramatique mais au fil de la lecture on se rend compte qu’il y a bien plus que ça.

A relire, et à relire. Il me semble que c’est un texte qui ne révèle ses secrets que petit à petit.

3 réflexions sur “L’amant, Marguerite Duras

  1. Tu pourras me le prêter, tu penses ? (J’en prendrai grand soin !)

    D’ailleurs, ça me fait penser, tu veux que je t’amène un ou deux livres que j’ai à Londres ?

    • Bien sûr que je pourrais te le prêter !
      Et c’est gentil de proposer mais comme la fin arrive il me faudrait plutôt commencer à vider la chambre plutôt que d’entasser des livres, on s’échangera des trucs cet été ;)

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