Lolita, Vladimir Nabokov

 

D’emblée , nous fûmes passionnément, gauchement, scandaleusement, atrocement amoureux l’un de l’autre.

6468697223_89c02f9799Lolita est un roman de Vladimir Nabokov, écrit en anglais et publié en 1955 à Paris. Il a ensuite été traduit en russe par l’auteur lui même. Ce roman est connu pour son sujet controversé: le narrateur est un homme de 37 ou 38 ans, professeur de littérature nommé Humbert Humbert, obsédé par Dolores Haze, une fillette de 12 ans avec qui il a une relation sexuelle – tout en étant son beau père. « Lolita » est le surnom affectueux qu’il lui a donné.

Après sa publication, Lolita obtient son statut de classique de la littérature, devenant l’un des plus connus et plus controversé exemples de la littérature du 20 ème siècle. L’histoire fut adaptée au cinéma par Stanley Kubrick en 1962, et par Adrian Lyne en 1997.

Je dois dire que ce roman est un de ceux qui m’ont le plus perturbée. Pas forcément en mal, mais juste parce que je ne sais pas vraiment quoi en penser, et quoi penser des personnes.

HH est un homme plutôt solitaire, bizarre et vraiment torturé par ses envies. Il ne savait pas trop ce qu’il voulait jusqu’à ce qu’il rencontre cette petite gamine de douze ans qui fait virevolter ses jupes devant lui, se comporte comme un garçon manqué et comme la plus grossière des filles. La plupart du temps je ne pouvais m’empêcher de plaindre HH, car il me semblait être tellement perdu, tellement honteux de ses actes, tellement triste, tellement victimisé que j’avais juste envie de lui faire un câlin.

Mais le reste du temps, je ne pouvais m’empêcher de le détester. Comment pouvait-il penser que Dolly était partante pour un tel road-trip tout en étant son jouet ? Une enfant ? Et l’acheter à coup de bicyclette et de jolis habits ? De magasines et de milkshakes dans des diners au bord de la route ? Il faudrait être fou et bien dérangé. Cerise sur le gâteau ? La mère de Dolly avait auparavant déclaré sa flamme à HH et tout ce qu’il avait trouvé à faire était de l’épouser – dans le but seul de rester près de la fillette. Un jour, elle découvre cependant le journal intime de HH qui dévoile ses idées tordues et le visage ruisselant de larmes elle écrit des lettres à toute la famille pour les prévenir avant de demander le divorce – seulement elle n’arrive pas à cette étape, et se fait écraser par une voiture sur le chemin de la poste. Triste vie.

J’aurais pu en rendre mon repas.

Ensuite viens Lolita. Ce garçon manqué, cette fille un peu trop sexuellement ouverte à son jeune âge, cette peste à la peau ambrée, cette gamine têtue et détestable mais indiscutablement victime aussi. Ce personnage aussi, je le hais comme je l’aime et je le plains. A 12 ans et à la merci de HH, elle se trouvait sans aucune issue. Et considérant le fait que son beau-père faisait tout pour rester en dehors du chemin de toute personne qui pouvait les connaître, elle ne pouvait s’échapper. Leur voyage au travers des Etats Unis est aux yeux de HH comme un road-trip entre amoureux qui décident de partir à l’aventure et découvrir leur pays, pour Dolly, ce n’est qu’une corvée.

Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que Dolly, à 12 ans déjà, connaissait les joies de la chair et avait tout appris au camp de vacances où sa mère l’avait envoyée. Trop tôt, je trouve. Beaucoup trop tôt. Et puis, à chaque fois que l’on me dit « Mais regarde, Dolly n’est qu’une victime dans tout ça ! C’est HH le vrai coupable ! » je ne peux m’empêcher de penser à cette lutte lyrique qu’ils ont eu tous les deux sur le canapé de leur maison. Oui, elle se tortillait tel un vers sur les genoux d’HH dans une robe, et il y prenait un malin plaisir.

Qui… Qui se tortillerait sur les genoux de son beau-père alors qu’il vient de s’installer dans la maison seulement depuis quelques mois ? Pas moi en tout cas.

Finalement, je crois que Dolly comme HH sont des personnes bien perdues sans repères ni racines auxquelles s’attacher. Il est parti de son pays natal, et la mère de Dolly est morte alors qu’elle n’était qu’une adolescente. Elle n’a pas de modèle, et pire encore, quand sa mère était encore en vie, c’était comme si elle détestait sa fille.

En plus de les aimer comme les détester, tous les deux me rendent triste.

Mis à part un sujet bien déroutant, je dois dire que j’ai adoré le style d’écriture. Et les expressions utilisées m’ont souvent faire bien sourire le soir dans mon lit – des choses comme « le grossier, le bourru mais infatigable Charlie qui avait autant de sex-appeal qu’une carotte crue ».

Je m’aventurerais peut être plus tard à regarder les deux films, mais pour l’instant, je crois que je vais me cantonner à des choses plus joyeuses. C’est un livre que je conseillerais à toute personne qui a envie de le lire car c’est une très belle oeuvre, magnifiquement écrite qui plus est. Seulement le sujet est assez dur pour une personne sensible et il faut réussir à s’en détacher pour apprécier l’histoire dans sa totalité. En plus de ça, je me dis qu’avec un peu de recul, il me faudrait le relire dans quelques années pour voir ce qu’il en est. Les avis changent, mais nous aussi, et notre regard sur un livre de la même façon.

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