L’écume des Jours, Boris Vian (Dir. Michel Gondry)

Les boutiques de fleuristes n’ont jamais de rideau de fer. Personne ne cherche à voler des fleurs.

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LE LIVRE

L’écume des Jours est un roman de Boris Vian publié en France en 1947 aux éditions Gallimard. Dédié à sa première épouse Michelle, le roman sera malheureusement une grande déception pour l’auteur car il n’aura aucun succès de son vivant. Et ce, malgré le soutient de Raymond Queneau et Jean-Paul Sartre.

Colin est un jeune homme très aisé, vivant dans un monde coloré et farfelu, où il existe des pianocktail et des anguilles dans la tuyauterie. Epris de Jazz et surtout de Duke Ellington, il tombe fou amoureux de la jeune Chloé – qui porte le même prénom que le morceau éponyme – et décide de l’épouser très rapidement, en la demandant en mariage à la patinoire, un lieu où le groupe d’amis se retrouve souvent. Dans un excès de générosité, il donne à son meilleur ami Chick un quart de sa fortune pour que lui aussi puisse épouser la fille qu’il aime; Elise.

La joie est de mise, et devrait entourer ces jeunes couples d’un nuage de bonheur, mais Chloé tombe malade lors de leur lune de miel: un nénuphar commence à lui pousser dans le poumon droit. C’est une condition rare et douloureuse, et qui ne peut être soignée qu’en entourant Chloé de fleurs fraiches. Mais ces dernières coutent cher, et Colin voit son argent diminuer à vue de nez. Pendant ce temps, l’obsession que Chick a pour Jean-Sol Partre le pousse à dépenser toute son argent en livres et momentos. Alise elle, espère pouvoir aider Chick financièrement en obligeant Partre à ne plus publier. Quand il refuse, elle se voit dans l’obligation de le tuer – et le fait avec l’arrache-coeur. Ensuite, elle parcoure Paris à la recherche de tous les libraires qui ont escroqué Chick en lui vendant des livres de Partre et les tue les uns après les autres.

Colin lui, essaye de trouver un travail en vain. Sa gentille est telle que des fleurs poussent au bout de fusils qu’il doit aider à grandir. Les fleurs ne parviendront pas à sauver Chloé qui décède laissant derrière elle un Colin désespéré, et une souris qui mettra fin à sa vie pour ne pas avoir à regarder sa peine.

LE FILM

Réalisée par Michel Gondry est sortie en 2013, l’adaptation du livre de Boris Vian m’a agréablement surprise. Bien que particulièrement enfantine au début, Gondry a su capturer l’essence du changement qui s’opère dans le monde de Colin lorsque Chloé tombe malade.

Il était évident qu’adapter le roman serait une chose difficile, étant donné que Vian joue avec les mots, transforme nos objets de tous les jours, invente des machines et des choses qui nous sembleraient grotesques dans la vie réelle. Mais Gondry a opté pour du stop-motion (ou animation en volume) ce qui lui a permit de créer du mouvement pour des objets habituellement immobiles. Le résultat était un peu « dessin-animé » mais je trouve que cela collait bien à l’ambiance de l’histoire, en tout cas au début. Tout est coloré, joyeux et innocent. Mais dès que la maladie de Chloé se déclare, cet environnement féerique perd graduellement son attrait pour se transformer en monde en sépia ou bien noir & blanc, où tout est triste et difficile. Il pleut, il y a orage, rien n’est plus pareil.

Il est intéressant, je trouve, de combiner les deux. Lire le livre et regarder le film. Ca donne une vision d’ensemble qui colle plutôt bien à l’image que je me fais de l’histoire. Bien sur les acteurs choisis ne ressemblent pas forcément aux descriptions des personnages faites dans le livre, mais un réalisateur ne peut pas toujours tout faire exactement pareil.

L’histoire elle, est pleine de poésie. Vian joue avec les mots et nous offre donc un texte qui est libre d’interprétation et qui titille les papilles de notre imagination à chaque ligne. C’est donc quelque chose de très vaporeux, irréel mais tout de même ancré dans ce que nous connaissons; étant donné que nous ne pouvons qu’imaginer des amalgames de choses que nous avons déjà pu voir, sentir, entendre et toucher.

Je dois avouer que j’avais déjà commencé ce livre, et ce il y a des années. J’étais arrivée au chapitre de la fête chez Isis mais je n’avais jamais réussi à le finir. Peut être qu’à cette époque je n’appréciais pas du tout ce genre d’écriture (ma mère non plus d’ailleurs). Et puis quelques années plus tard, un copain m’a offert l’Arrache-Coeur et je l’ai dévoré. D’un bout à l’autre j’ai apprécié tous les jeux et inattendues utilisations de mots. Cela dépend donc du moment où on le lit, donc. Il ne faut jamais abandonner un classique, jamais.

Comme Lavoisier a dit Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.

2 réflexions sur “L’écume des Jours, Boris Vian (Dir. Michel Gondry)

  1. Il faut vraiment que je regarde le film. Mais j’ai envie de relire le livre d’abord. Mais si je le fais, j’ai peur d’être déçue. Et c’est un cercle sans fin.

    Je me rappelle (je ne sais pas si je te l’ai déjà dit) que je l’avais lu pour la première fois en 3ème et j’avais été ** tout du long (jusqu’à la fin où je n’étais plus que tristesse et désespoir haha). C’était la première fois que je ressentais ça devant un livre !

    Et pour conclure en beauté avec l’ami Boris : https://www.youtube.com/watch?v=9PTqTjHs5c0

    • Lance toi ! Il te décevra peut être maintenant mais on ne peut pas t’enlever le fait que… tu l’as adoré à la première lecture. Cela restera avec toi toute ta vie ! (Je suis à la bibli alors j’écouterais ça dès que je rentre à la maison ;)

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