L’île du Point Némo, Jean-Marie Blas de Roblès

Ajoutez à cela une immobilité absolue du milieu liquide, insensible aux pires des tempêtes ou à tout ce qui pourrait bouleverser notre réalité, et vous obtenez un monde cauchemardesque, un noir sorbet de neurones hallucinés.

L’île du Point Némo est un roman de Jean-Marie Blas de Roblès publié le 21 août 2014 et Lauréat du Prix Libr’à Nous.

On ne peut pas vraiment faire de résumé à moins de spoiler grandement l’intrigue donc voici plutôt ce qu’on peut trouver sur la deuxième de couverture:

Roman d’aventures total, tourbillonnaire, conquérant, véritable machinerie de l’imaginaire où s’entrecroisent et se percutent tous les codes romanesques, la littérature populaire, entre passé historique et projection dans le futur, nos hantises programmées et nos rêves d’échappées irrépressibles. Martial Canterel, richissime opiomane, se laisse interrompre dans sa reconstitution de la fameuse bataille de Gaugamèles par son vieil ami Holmes (John Shylock…). Un fabuleux diamant, l’Anankè, a été dérobé à Lady MacRae, tandis que trois pieds droits chaussés de baskets de marque Anankèéchouaient sur les côtes écossaises, tout près de son château… Voilà donc Holmes, son majordome et l’aristocratique dandy, bientôt flanqués de Lady MacRae et de sa fille Verity, emportés – pour commencer – dans le Transsibérien à la poursuite de l’insaisissable Enjambeur Nô. Par une mise en abîme jubilatoire, cette intrigue rebondissante vient s’inscrire dans les aléas d’une fabrique de cigares du Périgord noir où, comme aux Caraïbes, se perpétue la tradition de la lecture, à voix haute, des aventures de Jean Valjean ou de Monte-Cristo.  Bientôt reprise par Monsieur Wang, voyeur high-tech, et fondateur de B@bil Books, une usine de montage de liseuses électroniques…Avec une ironie abrasive, ce roman-tsunami emporte toutes les constructions réalistes habituelles et ouvre d’extraordinaires horizons de fiction. Cette folle équipée romanesque est aussi la plus piquante réflexion sur l’art littéraire, doublée d’une critique radicale des idéologies et de la gouvernance anonyme, tentaculaire, qui nous aliène jusque dans notre intimité.

C’est un de ces romans où les chapitres ne se suivent pas en ordre chronologique mais suivent plutôt des groupes de personnages différents, ce qui donne un fouillis d’histoire les plus farfelues, auxquelles un sens ne sera donné que dans les derniers chapitres. Je dois avouer que j’ai plutôt l’habitude d’adorer ce genre de roman à tiroirs qui mettent en scène un grand éventail d’histoires. Et L’île du Point Némo est un bel exemple de l’héritage des romans du 17ème et 18ème siècles.

Parmi ces histoires il y a:

La principale: Grimod, Shylock Holmes, Canterel, Lady MacRae et Verity se lançant à la poursuite d’un diamant en faisant littéralement le tour du monde en 80 jours dans un monde presque steampunkien et rythmé par des personnages digne des cirques Victoriens les plus freaky possibles (enfin presque, on ne va pas chipoter surtout que cet auteur prend tous les noms de personnages les plus connus de la littérature et de la culture générale pour en faire un joli bouillon cube rempli de saveurs)

Entrecoupées par plusieurs autres histoires:

  • Marthe et son mari Chouchou: une vieille particulièrement chiante qui ennuie constamment sa voisine Charlotte parce qu’elle a peur que son mari alcoolique décède.
  • Dieumercie et sa femme Carmen: un couple dont le mari et impuissant et la femme nymphomane; les chapitres qui les concernent tournent autour de leurs tentatives pour remédier au problème de Dieumercie (et au final Carmen se met une pomme de terre dans le vagin et la cultive comme une plante verte: charmant)
  • Monsieur Wang: le PDG de b@bilbooks, très voyeuriste sur les bords et ayant installé des caméras dans les wc de son entreprise pour pouvoir bander tranquille dans son bureau
  • Fabrice: un hacker un peu seul au monde ayant été abandonné par sa mère et dont les parents adoptifs sont morts
  • Dulcie et son mari Arnaud: une jeune Créole qui avait monté une usine à cigares en France et qui est tombée dans un coma lorsqu’elle a appris la fermeture de son usine chérie

Mis à part cela, il y a aussi un chapitre sur la sodomie et un autre sur une saillie de chevaux. A se demander si l’auteur est passablement obsédé ? Aussi, bien que j’ai dit avoir apprécié l’histoire en elle même, je dois aussi souligner le fait que le style d’écriture est tout simplement INSUPPORTABLE. C’est comme s’il fallait lire avec le roman dans une main et le dictionnaire dans l’autre. Je ne dis pas qu’utiliser de grands mots dans un roman est désagréable, les plus grands de la littérature l’ont fait… Mais là c’était vraiment désagréable. J’avais l’impression que De Roblès avait cherché les mots qui donnaient le plus de points au Scrabble et les regroupaient dans des paragraphes tous plus lourds les uns que les autres. Le style n’était clairement pas léger et ne coulait pas facilement, il fallait se concentrer et réfléchir trop longuement pour réussir à comprendre pleinement le sens d’une phrase.

Alors certes, l’auteur nous offre une très belle preuve de sa culture en littérature et sa capacité à écrire et créer, parce que l’histoire était fourrée d’indices et de noms qui renvoyaient à d’autres grands livres connus, et ça me faisait sourire à chaque fois. Mais tenter de forcer ces mots alambiqués dans la gorge du lecteur était inutile, et m’a énormément gâché le plaisir de la lecture, malheureusement.

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